Décès de Simone Veil

Bernard ACCOYER, Secrétaire général des Républicains et ancien Président de l’Assemblée nationale, a appris avec une grande tristesse le décès de Simone Veil :

« Par son courage, son intelligence, ses convictions, ses réussites, par la grandeur singulière mais aussi dramatique de son destin, Simone Veil était, à n’en pas douter, bien plus qu’un symbole. Sa vie, exemplaire, est connue de tous : d’abord son enfance heureuse à Nice puis l’indicible de sa déportation à Auschwitz, cette épreuve impensable où, selon ses propres mots, elle était revenue de « l’enfer ». Elle trouvera la force de témoigner pour que jamais ne s’efface le souvenir de ceux qui, comme ses parents et son frère, ont péri au cours de cette période parmi les plus sombres de l’histoire mondiale.

Après des études de droit et de sciences politiques, elle fait son entrée dans la magistrature en 1957, qui n’était ouverte aux femmes que depuis dix ans. Elle y fait une brillante carrière et participera aux grandes réformes du Code civil, qui aboutissent en particulier à l’égalité totale entre hommes et femmes.

Simone Veil a ensuite incarnée, en pionnière, la féminisation de la vie politique à une époque où le pouvoir était l’apanage quasi exclusif des hommes. En 1974, elle entre au gouvernement de Jacques Chirac pour être ministre de la Santé. C’est à ce titre qu’elle est, cette année-là, le maître d’oeuvre de l’adoption par le Parlement du projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse qui dépénalise l’avortement. La violence des débats est difficilement imaginable, tant ce droit, qu’elle introduit en France, paraît aujourd’hui naturel et consubstantiel à notre époque. Ce fut l’un des plus grands débats de la Vème République, l’un de ces moments où la politique rejoint l’Histoire. Ces séances historiques de novembre 1974 sont de celles auxquelles je pensais, comme beaucoup d’autres députés, chaque fois que je me rendais dans l’hémicycle.

Son engagement européen, fondé sur l’effroyable histoire du XXème siècle qu’elle avait vécue dans sa chair, était un des piliers de ses convictions, concrétisé en 1979 par son élection en tant que première présidente du Parlement européen. Elle aura consacré une énergie considérable à la paix européenne.

Nommée ministre d’Etat dans le gouvernement d’Edouard Balladur en 1993, j’ai eu l’immense honneur en tant que jeune député d’être le rapporteur, à ses côtés, de la loi sur la Sécurité sociale qu’elle portait en 1994. J’avais pu alors mesurer sa force de travail, l’attachement qu’elle portait à la solidarité, j’avais pour elle une admiration profonde.

Nous perdons une de nos plus grandes compatriotes, un modèle de courage et d’humanité. Elle formait, avec Antoine Veil, dont l’intelligence et la simplicité m’ont marqué, un couple engagé dans la vie publique qui aimait la France. Un amour que leur rendaient les Français.

Elle était un exemple. Elle incarnait la réussite des femmes rendue enfin possible au XXème siècle. Mais, plus que cela peut-être, Simone Veil incarnait la part de lumière du XXème siècle, celle qui au mal absolu a opposé inlassablement la paix et la solidarité. Elle laisse un vide immense.

Je pense avec affection à sa famille, ses enfants et ses petits-enfants, qui occupaient une place si grande dans sa vie. Au nom des Républicains, je leur adresse ainsi qu’à ses proches mes plus sincères condoléances ».

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