Les journées de la refondation de l’école: plan de communication du gouvernement

Les journées de la Refondation de l’Ecole du 2 mai 2016 ont tout d’une opération électoraliste qui ne cherche même pas à dissimuler l’intention politique. La manipulation est grossière et ne trompe personne.

Après avoir hérissé les maires et les parents d’élèves avec une réforme des rythmes scolaires coûteuse et mal ajustée et de surcroît décidée autoritairement, après avoir révulsé les enseignants avec une réforme du collège massivement rejetée et tenté de faire taire leur contestation, il devient urgent pour le gouvernement d’engager la reconquête d’un électorat qui a contribué puissamment à l’élection de François Hollande et sans lequel il ne peut espérer être réélu. L’augmentation sans contrepartie du traitement des enseignants dont on voudrait acheter le vote s’inscrit évidemment cette stratégie qui vise à ramener dans le giron de la gauche un électorat qui est vital pour elle. Rappelons tout de même que le quinquennat de François Hollande avait commencé par une baisse du salaire des enseignants avec la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires.

Les sondages d’opinion attestent d’une véritable hémorragie de cet électorat autrefois fidèle mais qui s’est éloigné compte-tenu des promesses faites et des déceptions accumulées. On se demande d’ailleurs, dans ce titre étrange » l’école change avec vous » qui est ce « vous » dont la ministre a fait si peu de cas qu’il s’agisse des enseignants, des parents, ou des élus locaux. En revanche, lorsque l’on consulte la liste des personnalités qui interviendront au cours de ces deux journées, c’est l’entre-soi qui frappe : des élus… socialistes et beaucoup de hauts fonctionnaires qui sont sous l’autorité hiérarchique de la ministre. Nul doute que le message « Soyons-fiers-de-ceque-nous-avons-fait » va encore se faire entendre.

Pas moins de 4 ministres dont le premier d’entre eux viendront au secours d’une loi supposée être la grande loi éducative du quinquennat immodestement qualifiée de Refondation . Il ne s’agit pas de proposer des choses nouvelles, d’infléchir ce qui n’a pas fonctionné mais de valider des choix déjà faits, fussent-ils discutables.

Quelle en est la réalité ? Un récent rapport parlementaire confié pourtant à un député socialiste et bon connaisseur des questions éducatives a livré une analyse sévère sur l’application de la loi de Refondation, qu’il s’agisse de la priorité donnée au primaire, de la formation des enseignants dans les ESPE, de la scolarisation des moins de 3 ans, de la refonte des programmes, des instances prétendument indépendantes…le rapport est d’une rare sévérité.

La gauche dès son arrivée au pouvoir s’est systématiquement attachée à défaire ce que ses prédécesseurs avaient mis en place comme les internats d’excellence, notion toujours suspecte pour la gauche, les réseaux Éclair d’éducation prioritaire, ou encore les établissements de remédiation scolaire pour les élèves perturbateurs. Elle a abrogé la loi visant à lutter contre l’absentéisme scolaire. Elle a institué les ESPE, répliques des IUFM tant décriés, recruté hâtivement une partie des 60000 postes promis, promu des orientations sociétales discutables, idéologisé les programmes, supprimé des dispositifs qui fonctionnaient parfaitement comme les sections européennes et les classes bilangues, fragilisé des enseignements utiles à tous les élèves. Elle ignore par sectarisme les expériences éducatives réussies conduites dans le privé. Mais ces journées évitent un certain nombre de sujets structurels qu’il est pourtant urgent d’aborder et qui ont été au coeur de la réflexion conduite par les Républicains lors de leur convention sur l’éducation.

Le positionnement central de l’enseignant dans l’Ecole, le rôle du chef d’établissement – ils sont nombreux à dénoncer les dysfonctionnements de l’institution scolaire- la réforme d’un ministère qui étouffe sous le poids d’un centralisme excessif, la crise du recrutement et de la transmission du savoir, la montée en puissance inquiétante du communautarisme… De tout cela Il n’est pas question si l’on en juge aux thèmes retenus.

Jusqu’à quel point de déni de réalité faudra-t-il aller ?

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